
Mercredi 5 octobre a décollé en direction de la Station spatiale internationale la mission Crew-5.
Celle-ci a donc son patch (écusson), comme toute mission spatiale. Il existe un logo officiel NASA, et un logo non-officiel de SpaceX (voir en bas de la page).
Et comme pour tout patch, une « symbolique » est associée au design :
- le Dragon bien sûr, qui est le nom du vaisseau spatial, CrewDragon – il a été représenté sur le patch des trois premières missions opérationnelles (Crew 1 à 3). Une libellule le remplaçait sur Crew-4. Il revient sur cette cinquième mission opérationnelle et forme le chiffre 5.
- la capsule Crew Dragon est représentée également. D’ailleurs, c’est une constante, elle est présente sur tous les patchs des missions Crew Dragon de la NASA (en revanche, la mission privée Axiom Ax-1 n’avait ni dragon ni capsule représentés sur son patch).
- le dragon crache du feu et les flammes se transforment en ruban tricolore, celui du programme ISS, pour montrer la puissance et l’unité du travail d’équipe rendant le vol possible.
- on voit la Station spatiale internationale dans sa configuration actuelle, volant en orbite au-dessus de la Terre, montrant la fragilité de celle-ci avec sa fine couche d’atmosphère, et avec le Soleil devant elle. Le fond étoilé montre la volonté d’aller explorer plus loin.
Cette mission Crew-5 est particulière car c’est la première fois qu’un cosmonaute russe (une cosmonaute, en l’occurence) vole sur un vaisseau de SpaceX. Depuis l’arrêt de la navette en 2011, seuls les Russes transportaient les Américains vers l’ISS, du moins jusqu’en 2020 avec le premier vol test habité d’une capsule américaine, la Crew-Dragon de SpaceX (mission Demo-2). Les Américains peuvent donc dorénavant accéder par eux-mêmes aux vols habités.
Mais cette mission intervient dans un contexte très particulier, celui du conflit opposant la Russie à l’Ukraine. Parmi toutes les sanctions décidées contre la Russie, l’ISS constitue la seule exception. D’ailleurs, en mars dernier, c’est un vaisseau Soyouz qui avait ramené sur Terre l’astronaute américain Mark Vande Hei, et c’est encore un Soyouz qui a amené l’Américain Frank Rubio sur l’ISS, le 21 septembre. Et d’autres vols d’américains sur Soyouz sont prévus pour 2023…
Cette fois, il s’agit du premier Russe à embarquer sur un vaisseau SpaceX (le premier Américain sur Soyouz date de 1995). Et côté américain, il semblerait qu’au début, on ait préféré rester discret sur cette affectation (et oui, un des nombreux paradoxes américains), ce qui explique pourquoi le premier patch proposé à la vente soit ce patch, sans aucun nom dessus, juste une bordure noire.
Puis, à la fin de l’été, on a commencé à normaliser les choses, les premières photos officielles d’Anna Kikina en combinaison SpaceX sont apparues, et le patch a été remanié avec les noms cette fois. A titre personnel, je ne trouve pas que la police d’écriture employée et l’emplacement des noms soient des plus judicieux, mais bon, nous avons donc un deuxième patch pour cette mission, à la grande joie des collectionneurs.

SpaceX, comme à son habitude, a présenté son logo personnel de la mission. Une fois encore, il ne le proposera pas en patch à la vente (donc, ceux que vous pourrez voir en vente seront des contrefaçons – seuls quelques-uns fabriqués par SpaceX seront distribués à des VIP, presse, employés).
Ce logo s’articule auteur d’une capsule Crew Dragon au centre avec, ce qui est désormais une constante chez SpaceX, à savoir la présence de quatre astronautes casqués symbolisant bien sûr l’équipage (dont les noms sont inscrits), et le trèfle à 4 feuilles, symbole des vols spatiaux de SpaceX.
Les sept grosses étoiles blanches représentent les sept membres d’équipage qui forment Expedition 68.

Stéphane Sebile
Secrétaire de la Commission Astronautique et Techniques Spatiales
Société Astronomique De France
Crédits :
Collection personnelle
SpaceX
