Attention, débris (bis repetita) !

Ce 30 novembre devait avoir lieu une nouvelle sortie extravéhiculaire à l’extérieur de la Station spatiale internationale – la 245e effectuée depuis le début de l’assemblage du complexe orbital en décembre 1998, la 78e à l’aide de scaphandres américains, et la treizième depuis le début de l’année (dont dix américaines).

Lors d’une séance dans le vide de 6 heures et 30 minutes (utilisant le sas Quest), les astronautes de la Nasa Thomas Marshburn et Kayla Barron devaient remplacer un système d’antenne en bande S défectueux, appelé Sasa (S-Band Antenna Support Assembly), fixé à l’extrémité de la poutre P1 de l’ISS.

Redondance nécessaire

Le système Sasa était tombé en panne au mois d’août dernier. Il est depuis incapable d’envoyer ses signaux vers la Terre via le système de satellites de repérage et de relais de données TDRS de la Nasa. L’impact s’avère limité sur les opérations de la station, qui dispose d’autres systèmes à faible débit en bande S, ainsi que du système de communication à haut débit en bande Ku qui relaie les vidéos. La réparation envisagée garantira néanmoins la redondance des communications.

Risques difficiles à évaluer

Or, dans la soirée du 29 novembre, le centre de contrôle de l’ISS à Houston, au Texas, a reçu une notification d’approche de débris spatiaux. Devant la difficulté d’évaluer correctement le risque pour les astronautes, la décision a été prise de repousser l’EVA jusqu’à ce que davantage d’informations soient disponibles.

C’est la deuxième fois en deux semaines qu’une alerte aux débris vient perturber le bon déroulement du séjour de l’Expedition 66, après la destruction volontaire le 15 novembre d’un vieux satellite soviétique par un missile antisatellite russe.

En juin dernier, un petit impact avait été découvert sur le bras robotique Canadarm2 de la station, heureusement sans conséquence sur son bon fonctionnement.

L’US EVA 78 était initialement prévue le 17 novembre, mais avait été décalée suite aux reports du lancement de la mission Crew 3, du 30 octobre au 11 novembre.

Pierre-François Mouriaux