L’EVA VDK-54 « bis » tourne court

Quatrième EVA consacrée au bras ERA

Crédit : NASA TV

Une nouvelle séance de travail en scaphandre à l’extérieur de la Station spatiale internationale a eu lieu le 17 août, moins d’un mois après celle réalisée par l’astronaute italienne Samantha Cristoforetti.

Étonnamment, cette sortie en scaphandres russes Orlan a une nouvelle fois été dénommée VDK-54…

Elle a rassemblé les cosmonautes Oleg Artemiev (qui effectuait sa septième « marche » dans l’espace depuis août 2014) et Denis Matveïev (troisième EVA depuis le 18 avril dernier), assistés depuis l’intérieur de la station par leur collègue Sergueï Korsakov.

L’objectif était de poursuivre la mise en service du bras robotique européen ERA (European Robotique Arm), qui équipe le module-laboratoire russe MLM Nauka amarré l’an dernier à l’ISS. Trois EVA ont déjà été consacrées à ces préparatifs depuis celle du 18 avril (VDK-52).

Témoin de batterie défaillant

Programmée pour durer environ 6 heures et 45 minutes, l’EVA VDK-54 a démarré à 13 h 53 (Temps Universel), les deux hommes utilisant le sas Poisk attaché au module de service Zvezda de la station pour se retrouver dans le vide spatial.

Oleg Artemiev (au scaphandre marqué de bandes rouges) et Denis Matveïev (bandes bleues) ont d’abord terminé l’installation de deux caméras CLU (Camera Light Unit) sur les coudes du bras robotique, puis déplacé l’isolation et un dispositif de fixation de l’un de ses deux effecteurs finaux.

Mais, après deux heures et dix-sept minutes de travail, une baisse anormale des batteries de son scaphandre a été signalée par Artemiev. Ce dernier est alors retourné dans le sas pour recharger son équipement (il s’est connecté à 16 h 25 au réseau électrique de la station), tandis que Matveïev sécurisait le bras robotique.

Hélas, les fluctuations erratiques du témoin de charge des batteries du scaphandre ont persisté durant une heure. Pour éviter la perte de communications avec le cosmonaute, décision a alors été prise d’interrompre prématurément la sortie.

Tandis que les deux cosmonautes réintégraient l’ISS, Sergueï Korsakov a placé ERA « dans une configuration sécurisée », selon le communiqué de la NASA, qui précise également que « le duo n’a jamais été en danger pendant les opérations. »

Crédit : ESA / NASA / Roscosmos

Travaux en plan

L’EVA a finalement duré 4 heures et 1 minute.

Au moment de son interruption, il restait encore à déplacer le panneau de commande externe du bras et à tester le mécanisme de rigidification du bras qui doit être utilisé pour saisir les charges utiles et les déplacer à l’extérieur de la station.

Depuis le début de l’assemblage de l’ISS, fin 1998, 252e sorties extravéhiculaires ont réalisées (dont 63 avec des scaphandres russes). C’était la septième fois cette année (la cinquième en scaphandres russes).

Pierre-François Mouriaux