Parachutes sous surveillance

Retour de la mission Crew 2, le 9 novembre 2021
Crédit : NASA TV

Un problème déjà rencontré en novembre

La Nasa a organisé le 4 février une conférence de presse pour présenter la prochaine mission habitée à destination de la Station spatiale internationale, Crew 4.

A cette occasion, l’agence spatiale américaine a reconnu qu’un problème « mineur » a été observé le 24 janvier lors du retour du vaisseau-cargo automatique Dragon CRS 24 de SpaceX : l’un des quatre parachutes utilisés pour ralentir la descente de la cabine avant son amerrissage dans le golfe du Mexique s’est ouvert avec 63 secondes de retard, sans pour autant affecter la fin de la mission ni mettre en danger l’équipage.

Un problème similaire avait été observé le 9 novembre 2021 lors du retour des astronautes de Crew 2 (dont faisait partie Thomas Pesquet), après leur séjour de six mois à bord de l’ISS. Le délai d’ouverture du parachute était cette fois de 75 secondes.

Malgré tout, a précisé la Nasa, « le taux de descente verticale des deux vols restait dans les marges de conception du système au moment de l’amerrissage, et les quatre parachutes principaux se sont complètement ouverts avant chaque atterrissage ».

Une source d’apprentissage

Bill Gerstenmaier, qui supervise la fiabilité des vols chez SpaceX, ne voit pas dans ces anomalies un problème de sécurité, mais un moyen d’apprendre beaucoup à l’aide des données recueillies : « C’est une super chance d’apprendre pour nous, a-t-il déclaré. Je considère que c’est presque un cadeau que nous avons reçu sur CRS 24 : nous allons avoir la chance d’avoir maintenant deux ensembles de données que nous pouvons faire jouer l’un contre l’autre afin d’améliorer nos modèles et nos connaissances et créer un système beaucoup plus sûr pour tous ceux qui utiliseront ces parachutes à l’avenir ».

Une analyse de routine du système est néanmoins en cours avant le lancement de la mission Crew 4, aujourd’hui programmé pour le 15 avril.

Prendront alors place à bord du Crew Dragon les astronautes américains Kjell Lindgren, Robert Hines et Jessica Watkins, et l’astronaute italienne Samantha Cristoforetti.

Pierre-François Mouriaux