Retour dans la brume kazakhe

Yusaku Maezawa et Yozo Hirano, les deux touristes japonais qui avaient rejoint le 8 décembre la Station spatiale internationale, sont rentrés sur Terre après un séjour dans l’espace de 11 jours, 19 heures et 34 minutes.

Leur Soyouz MS-20, toujours piloté par le cosmonaute russe Alexandre Missourkine, s’est détaché du module Poisk de l’ISS le 19 décembre à 23h50 (temps universel), et s’est posé le lendemain à 3h13 dans les steppes du Kazakhstan.

Le manque de visibilité dans la région a empêché les hélicoptères qui transportaient les équipes de récupération de se rendre sur place, obligeant l’équipage à patienter une vingtaine de minutes avant l’arrivée de deux véhicules amphibie Blue Bird. Ceux-ci se sont garés directement de part et d’autre du Soyouz, qui se tenait debout, et les passagers ont directement été transférés de leur cabine au véhicule de récupération, à l’abri du froid. Un plat « surprise » de nouilles venues du Japon les attendait visiblement.

Vidéos du quotidien et expériences

Organisé par la société américaine Space Adventures, le vol du Soyouz MS-20 marquait le troisième voyage touristique orbital de l’année, après la mission 100 % privée Inspiration4 sur un vaisseau Crew Dragon de SpaceX (en septembre), et le vol Soyouz MS-19 embarquant une actrice et un réalisateur russes (en octobre).

Filmé par son assistant personnel Yozo Hirano, le fantasque milliardaire Yusaku Maezawa (MZ) a déjà posté sur sa chaîne YouTube (1,5 million d’abonnés) une série de vidéos, plutôt criardes sinon navrantes, détaillant les actions les plus banales de sa vie quotidienne sur orbite, du lavage de dents jusqu’à l’installation dans sa cabine de couchage, en passant par la bonne manière de boire du thé, la prise de photos de la Terre à l’aide d’un smartphone ou l’utilisation des toilettes…

Roscosmos, l’entreprise d’Etat chargée des activités spatiales russes, précise cependant que les deux touristes spatiaux ont également pris part au programme scientifique mené à bord la station – en particulier l’expérience médicale Lazma, qui vise à étudier la circulation sanguine en micropesanteur et à élaborer des mesures préventives pour les futurs vols dans l’espace lointain. L’élimination des symptômes désagréables associés aux troubles circulatoires doit en effet éviter aux voyageurs spatiaux de tomber malade et leur permettre de maintenir des performances élevées.

Pierre-François Mouriaux