
Parmi les activités menées la semaine du 1er août à bord de la Station spatiale internationale, une séance de travail a mobilisé le 5 août l’astronaute américain Kjell Lindgren et sa collègue italienne Samantha Cristoforetti, pour retirer et stocker des porte-échantillons de la quinzième série d’expériences Misse (Materials International Space Station Experiment – Expérience de matériaux de la station spatiale internationale). Celle-ci avait été acheminée vers la station en août 2021, à l’aide du vaisseau Dragon CRS-23.
Appelés MSC (Misse Sample Carriers), ces porte-échantillons sont sortis de l’ISS par le sas du module d’expérimentation japonais Kibo, à l’aide du plateau de transfert MTT (Misse Transfer Tray), puis installés sur la structure dédiée Misse-FF (Misse Flight Facility), par un bras robotique.
Ils sont ouverts à distance pour exposer les échantillons, et fermés durant leur installation et leur rapatriement, ainsi que lors des sorties extravéhiculaires.

Crédit : NASA
Préparer le futur
Les expériences Misse sont coordonnées par le centre de recherche Langley de la Nasa (à Hampton, en Virginie) et impliquent différents laboratoires de l’agence spatiale américaine (Johnson Space Center, Marshall Space Flight Center, Glenn Research Center), ainsi que le Laboratoire des matériaux du Laboratoire de recherche de l’Armée de l’Air américaine, l’AFRL (Air Force Research Laboratory), et la division de recherche du constructeur aérospatial Boeing (Boeing Phantom Works).
L’objectif est d’exposer divers matériaux et composants innovants à l’extérieur de l’ISS, afin de tester l’impact de l’environnement spatial sur leurs performances et leur durabilité. Si ces échantillons peuvent résister à des tels traitements (exposition au vide, à l’oxygène atomique, à des niveaux de rayonnements et à des températures, extrêmes, aux micrométéorites…), ils pourraient contribuer à améliorer les équipements pour les futurs vaisseaux spatiaux, les matériels de vol et même les vêtements des astronautes utilisés par la Nasa, mais aussi par des entreprises commerciales et le Ministère de la défense américain lors des futures missions sur orbite basse, sur orbite synchrone ou interplanétaires.

Crédit : NASA
Des milliers d’échantillons
Misse 1 et 2 ont été les premières expériences montées à l’extérieur de la Station spatiale internationale, en août 2001, à l’occasion de la mission STS-105 de la navette spatiale américaine Discovery.
Depuis, pas moins de 4 000 échantillons et spécimens de matériaux ont été soumis à l’environnement spatial dans le cadre du projet, pour des périodes allant jusqu’à quatre ans : lubrifiants, peintures, tissus, joints de conteneurs, cellules solaires, capteurs intégrés, polymères imprimés en 3D, biomatériaux de protection contre les radiations, protections thermiques…
Au départ livrées à l’aide de la navette, les différentes expériences Misse sont désormais acheminées à l’aide des vaisseaux Dragon de SpaceX ou Cygnus de Northrop Grumman.

Crédit : NASA
Pierre-François Mouriaux
