
Donnant ainsi le coup d’envoi de ce portail ISS News, Thomas Pesquet s’était envolé le 23 avril 2021 vers la Station spatiale internationale à bord d’une capsule Crew Dragon de SpaceX, en compagnie de trois astronautes américains.
Le 19 janvier dernier, devant les membres de l’AJPAE (Association des Journalistes Professionnels de l’Aéronautique et de l’Espace), l’astronaute français a détaillé sa mission, que nous vous présentons sous forme de série chaque semaine.
Aujourd’hui, épisode 4 : attention, débris.
Vingt minutes pour tout ranger
L’équipage de Crew 2 est arrivé sur orbite, a activé les systèmes, a effectué la première manœuvre de trajectoire rejoindre l’ISS, et se prépare à se « coucher ».
Thomas Pesquet : « Tout était vraiment prêt pour la nuit et là, on a un coup de fil de SpaceX, du centre de contrôle, qui nous dit : « Dans 20 minutes, on a une conjonction avec un débris. Il faut que vous soyez dans les scaphandres, tous fermés, que tout soit rangé »…
Normalement, c’est un truc qu’on fait en une heure normalement de tout ranger, de tout remettre en place. Rien que de se mettre dans les scaphandres, c’est difficile…
Les scaphandres sont assez seyants, c’est une volonté de SpaceX que ce soit sympa, mais par contre, on ne peut pas l’enfiler tout seul, il faut être aidé par un ou par deux collègues – notamment pour l’enfiler au niveau de la poitrine : c’est super serré et, surtout en apesanteur, on ne peut pas se servir du poids des scaphandres pour le faire tomber sur les épaules, il s’enfile par le bas…

Fausse alarme !
Donc il a fallu se mettre en branle-bas de combat, et puis finalement, au bout de 20 minutes – je me rappelle très bien –, je ferme ma dernière fermeture sur les gants. Tout le monde est dans les scaphandres, on est étanche dans les scaphandres, casques fermés, attachés sur les sièges avec toutes les sangles. Tout est rangé, il n’y a rien qui traîne dans la cabine.
On est en sueur avec Aki parce que c’était Aki et moi-même qui étions responsables de ce qui se passait dans la cabine, pendant que Shane et Megan regardaient leurs écrans.
Et là, nouveau coup de fil de SpaceX : « C’était une fausse alarme. On n’a pas de débris. Merci, c’est bon, vous pouvez tout redéployer » !
On pensait que c’était une blague, mais en fait pas du tout : c’était apparemment une simulation de l’US Air Force qui, de temps en temps, introduit des faux objets dans ses systèmes pour entraîner ses opérateurs.
En fait, le truc s’était propagé jusqu’à la Nasa et jusqu’à nous : ce n’était pas un vrai objet, juste une simulation… ».
La semaine prochaine (épisode 5) : Onze à bord
Retranscription de Stéphane Sebile
Retrouvez l’épisode 3 : Arrivée sur orbite
