Les patches Cygnus NG-17

Parti le 19 février depuis Wallops Island, le vaisseau ravitailleur Cygnus NG-17 « Piers Sellers » s’est amarré à la Station spatiale internationale deux jours plus tard.

Comme c’est devenu une tradition maintenant, les missions spatiales (qu’elles soient habitées ou non, comme celles de ravitaillement) ont le plus souvent deux logos, déclinés en patches, l’officiel de la NASA et « l’officieux », en général celui de la société qui a assuré le lancement (et je ne parle pas de tous ceux qui sont faits en interne par des sous-traitants, labos, etc… 😉 ).

Voici donc les deux patches inspirés des logos. On peut remarquer que très souvent les patches ne sont pas toujours aussi magnifiés que peuvent l’être les logos. Plus un logo est coloré, complexe au niveau dessin, plus il est difficile à réaliser sous forme de patch, surtout quand ce sont des patches tirés à très grand nombre d’exemplaires. Ici, vous pourrez noter la différence entre les logos et les patches.

Le patch NASA

Le logo est sobre dans sa représentation. En premier plan, le Cygnus dans sa forme si caractéristique grâce à ses panneaux solaires, qui fait route vers une ISS stylisée dans sa configuration actuelle. On y voit aussi un Soyouz (ou un Progress). Le tout sur un fond étoilée mais pas noir. Et avec la dénomination NG-17 pour Northrop-Grumman et 17 car est le dix-septième vaisseau de ce type qui a décollé (un récapitulatif des missions Cygnus arrive sur le portail d’ici quelques jours).

Le patch Northrop-Grumman

Le logo est un peu plus sophistiqué que celui de la NASA et cela se ressent un peu dans la fabrication du patch. On y voit là-aussi le Cygnus en route vers l’ISS dans sa configuration actuelle sur un fond noir représentant bien sûr l’espace. De part et d’autre de l’ISS, on y voit 16 étoiles représentant les 16 missions précédentes du Cygnus, et le Cygnus représentant aussi la 17e mission, d’où le NG-17, inscrit à l’intérieur d’ailes d’astronautes (tiens, on a aussi fait un article sur le sujet) sur fond et cadre bleu représentant le lien avec la Terre qui ravitaille les astronautes dans l’espace. Le liseré jaune représentant bien sûr le Soleil qui illumine l’ensemble.

Le Cygnus NG-17 a emporté une cargaison de 3 651 kg de vivres, expériences, et divers matériels et équipements répartis en :

  • 1 352 kg pour l’équipage (vivres, fournitures, etc.)
  • 896 kg d’expériences scientifiques
  • 60 kg pour des EVA
  • 1 308 kg de matériels divers
  • 35 kg de matériel informatique

Et, parmi les 1 308 kg de matériels divers, se trouve une grosse boîte violette à l’intérieur de laquelle se trouvent 64 petites œuvres d’art de 1 cm3 : Moon Gallery.

Moon Gallery

Le principe est simple : il s’agit d’un premier test d’envoi d’œuvres d’art miniatures dans l’espace, ici la station spatiale, en vue de répéter le même genre d’opération sur la surface de la Lune dans un futur proche.

« Nous espérons que cette mission nous en apprendra plus sur les conditions dans l’espace, et inspirera des artistes pour notre prochaine mission : la Lune… », a déclaré Anna Sitnikova, conservatrice et cofondatrice de la Moon Gallery Foundation.

Réparties dans un casier de 64 cases recouvert d’une vitre en matière transparente, les 64 œuvres d’art vont donc flotter dans leur petit espace d’1 cm3. Ils sont en 2D, 3D, réalité augmentée, puce électronique, etc… et représentent une « vision spatiale » d’un artiste.

Ces œuvres resteront au moins 10 mois à bord de l’ISS, et seront retournées sur Terre (avec un Dragon probablement) afin d’être de nouveaux exposées, mais surtout étudiées par rapport à une éventuelle dégradation subie dans l’espace.

Sur le caisson où se trouve le casier, il y a inscrit “Each piece of this tiny gallery with a big mission explores the meaning of a shared human culture”. “Away from the surface of our planet, its borders and rich differences, how we define human culture? What ideas do we want to promote into the future? What Ideas do we want to leave behind?

(« Chaque pièce de cette minuscule galerie avec une grande mission explore le sens d’une culture humaine partagée ». « Loin de la surface de notre planète, de ses frontières et de ses riches différences, comment définissons-nous la culture humaine ? Quelles idées voulons-nous promouvoir à l’avenir ? Quelles idées voulons-nous laisser derrière nous ? »).

La suite sera d’envoyer cette fois, en 2025, 100 œuvres d’art à bord d’un atterrisseur lunaire et d’y établir la première galerie d’art sur la Lune et de semer les graines d’une future culture interplanétaire.

Pour un descriptif des œuvres et une bio des artistes : http://www.moongallery.eu/

Stéphane Sebile

Secrétaire de la commission Astronautique et Techniques Spatiales de la SAF

Crédits : NASA / Collection personnelle / Moon Gallery Foundation