
Crédit : Gagarin Cosmonaut Training Centre
Afin d’éviter un drame lors d’un séjour de longue durée autour de la Terre, les tests psychologiques font désormais partie intégrante dans la sélection des astronautes. Ainsi, un excellent candidat du point de vue technique et physique sera définitivement écarté s’il n’a aucune habilité à l’empathie, au travail en équipe et à la gestion du stress.
Une fois sélectionnés, les candidats astronautes doivent ensuite se prêter à plusieurs exercices ayant pour but de repousser leurs limites, gérer leur stress et leur fatigue tout en devant gérer le travail en équipe en milieu hostile. A noter que certains candidats n’ont jamais pu réaliser de vols en raison d’inaptitude à ces épreuves.
Différents stages de préparation
Parmi les exercices pratiqués par les astronautes, nous pouvons citer :
Les stages de survie organisés par l’Agence spatiale russe, simulant un atterrissage au milieu d’une forêt enneigée, sans que les équipes de sauvetage ne puissent intervenir immédiatement : les cosmonautes doivent se préparer un habitat et même trouver des solutions pour évacuer un membre d’équipage blessé…
Les stages de survie organisés par la Nasa ou l’Agence spatiale européenne dans divers déserts ou zones désertiques depuis l’époque des astronautes de Mercury. L’ESA a également proposé ce type d’entraînement en Dordogne lors de la formation de base des astronautes européens sélectionnés en 2009.
Les expéditions Neemo (Nasa Extreme Environment Mission Operations), initiées par l’astronaute Scott Carpenter de l’époque Mercury. C’est désormais un programme de la Nasa qui permet d’isoler des scientifiques et candidats astronautes de toutes nationalités dans une base sous-marine installée en Floride. Dans cet environnement de confinement extrême et peu confortable, les astronautes s’entraînent également aux sorties extravéhiculaires.
Les missions Caves (Cooperative Adventure for Valuing and Exercising human behaviour and performance Skills). Ces missions scientifiques de l’ESA sont menées en équipe dans un contexte d’expérience spéléologique avec gestion en autonomie pendant plusieurs jours sous la terre.
L’ascension du Mont Rainier, réalisée à l’initiative de Jared Isaacman, le commandant de bord de la mission touristique Inspiration4 avec SpaceX, pour l’ensemble de son équipage.
Repérer les signes de précurseurs
Une fois en vol, les équipes médicales au sol sont particulièrement sensibilisées à repérer des signes de détresse psychologique, lors des entretiens privés ou bien dans leurs interactions avec l’équipage en vol. Les comportements d’isolement ou les signes d’irritabilité sont particulièrement scrutés.
Les premiers astronautes américains ayant séjourné à bord de la station russe Mir lors du programme Shuttle-Mir (1994-1998) ont été mis à rude épreuve en raison de l’absence de contact régulier avec le sol et leur famille et du fait des différences culturelles. Et pour cause, ces missions avaient pour but d’intégrer des astronautes américains à des équipages russes pour des missions longues.
(Re)souder les équipes
L’un des enjeux des équipes au sol est d’occuper intelligemment l’astronaute, ni trop afin d’éviter un surmenage, ni trop peu qui pourrait engendrer de l’ennui et un ressenti d’isolement.
Le Tsoup (centre de contrôle de mission russe) a pris le parti de régulièrement donner des tâches absurdes et/ou inutiles aux équipages afin de renforcer la cohésion d’équipe. En effet, les cosmonautes, qui commençaient à présenter des signes de conflits interindividuels, se lient alors contre l’absurdité des demandes des équipes au sol, font bloc entre eux, et peuvent à nouveau mener à bien leur mission en équipe.
Souhaitons à Matthias Maurer et à ses coéquipiers de garder leur esprit d’équipe et de passer ce cap pour mener à bien leurs missions.
Docteur Guélove Nolevaux
