
Des composants parfois très anciens
L’astronaute allemand Matthias Maurer s’est prêté les 13 et 15 décembre dernier à de fastidieuses séances de maintenance dans les entrailles du module-laboratoire européen Columbus, dont de nombreux équipements sont présents depuis février 2008, date du raccordement du module à la Station spatiale internationale.
De ce fait, les racks d’expériences utilisent parfois des technologies et des composants qui remontent aux années 1980 (au moment de la conception du laboratoire), comme des cartes et des contrôleurs électroniques heureusement encore réparables – mais pour combien de temps encore ?)… ou des pellicules photos.
Les interventions préventives sont fréquentes sur les racks d’expériences qui abritent des charges utiles autonomes (« stand alone »), et dont les systèmes de refroidissement (par air et par eau) nécessitent une attention particulière, comme pour l’entretien d’un camping-car.
Ce sont des opérations lourdes mais indispensables, qui nécessitent beaucoup de manipulations, entre câbles à débrancher, ranger et rebrancher, puis une réinitialisation des systèmes. Cela prend beaucoup de temps aux équipages.

Inspection, entretien, réparations
Matthias Maurer s’est d’abord attaqué au changement d’une valve défectueuse, à l’occasion de l’inspection et du nettoyage des détecteurs de fumée – ceux-ci sont placés dans le système de ventilation de Columbus pour être sûrs de détecter des émanations suspectes, car la fumée, en micropesanteur, ne s’élève pas de bas en haut comme sur Terre.
L’opération a duré deux heures et cinquante minutes.
Le surlendemain, l’astronaute allemand est intervenu sur le rack d’expériences de physique des fluides FSL (Fluid Science Laboratory), placé à l’entrée et au plafond de Columbus (emplacement « Overhead 1 ») : une carte électronique était victime d’un faux contact.
Pierre-François Mouriaux
